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Le Corps de Catherine Bakounine
Traduit du russe par Doussia Ergaz et publié en 1934, ce court texte dit, quatre-vingt-dix ans avant les discussions actuelles sur le consentement, la charge mentale, l’ambivalence maternelle et le droit au désir féminin, ce que nos débats contemporains cherchent encore à formuler.
C’est un roman à la première personne — le flux de conscience d’Elena, émigrée russe à Paris, mère, femme d’un homme qu’elle méprise, couturière de nuit qui accomplit le jour un « travail invisible ». Elle sort à peine. Elle se souvient de Pétersbourg, d’une autre vie où elle avait encore une chance de s’accomplir. Ce qui frappe à la lecture, c’est la franchise absolue, c’est une écriture qui refuse toute esthétisation : elle vise, dit-elle elle-même, « la simplicité véridique à l’extrême et le naturel ».
Cette publication sera accompagnée d’une préface inédite de la romancière Julia Kerninon. Elle lit Le Corps comme une démonstration radicale de ce que la littérature féminine peut dire quand elle refuse tout enjolivement : la maternité subie, le désir confisqué, la pauvreté comme prison.
Catherine Bakounine (1887–1976)
Ce que l’on sait de sa vie, c’est uniquement par ses livres. Ekaterina Bakunina (1887–1976) a émigré à Paris en 1923, fuyant la révolution bolchévique avec la vague de l’émigration russe blanche qui allait constituer, dans l’entre-deux-guerres, une vie intellectuelle dense et précaire aux marges de la littérature française. Elle appartient à la « génération inaperçue » — des auteur·ices arrivé·es en exil sans bagage littéraire établi, qui ont dû construire leur œuvre dans l’entre-deux des langues et des canons.
La critique russe de l’époque a qualifié ses textes d’« affaires de bonne femme », la critique française a renvoyé le roman au cliché de « l’âme slave ». Rejetée par ces deux champs littéraires, Bakounine occupait, selon la chercheuse Ekaterina Roznova, « le jackpot de la marginalité ».
Traduit du russe par Doussia Ergaz et publié en 1934, ce court texte dit, quatre-vingt-dix ans avant les discussions actuelles sur le consentement, la charge mentale, l’ambivalence maternelle et le droit au désir féminin, ce que nos débats contemporains cherchent encore à formuler.
C’est un roman à la première personne — le flux de conscience d’Elena, émigrée russe à Paris, mère, femme d’un homme qu’elle méprise, couturière de nuit qui accomplit le jour un « travail invisible ». Elle sort à peine. Elle se souvient de Pétersbourg, d’une autre vie où elle avait encore une chance de s’accomplir. Ce qui frappe à la lecture, c’est la franchise absolue, c’est une écriture qui refuse toute esthétisation : elle vise, dit-elle elle-même, « la simplicité véridique à l’extrême et le naturel ».
Cette publication sera accompagnée d’une préface inédite de la romancière Julia Kerninon. Elle lit Le Corps comme une démonstration radicale de ce que la littérature féminine peut dire quand elle refuse tout enjolivement : la maternité subie, le désir confisqué, la pauvreté comme prison.
Catherine Bakounine (1887–1976)
Ce que l’on sait de sa vie, c’est uniquement par ses livres. Ekaterina Bakunina (1887–1976) a émigré à Paris en 1923, fuyant la révolution bolchévique avec la vague de l’émigration russe blanche qui allait constituer, dans l’entre-deux-guerres, une vie intellectuelle dense et précaire aux marges de la littérature française. Elle appartient à la « génération inaperçue » — des auteur·ices arrivé·es en exil sans bagage littéraire établi, qui ont dû construire leur œuvre dans l’entre-deux des langues et des canons.
La critique russe de l’époque a qualifié ses textes d’« affaires de bonne femme », la critique française a renvoyé le roman au cliché de « l’âme slave ». Rejetée par ces deux champs littéraires, Bakounine occupait, selon la chercheuse Ekaterina Roznova, « le jackpot de la marginalité ».